Questions sur l'économie nord-coréenne - par V.A.R.

  • Par arsin
  • Le 26/05/2013
  • Commentaires (2)

Par Denis Gorteau, sur le site de Valeurs et Actions Républicaines (VAR)

 

Les informations sur la Corée du Nord manquent. C’est peu de choses que de le dire ! Souvent à la une de l’actualité suite à des tensions géopolitiques, la Corée du Nord fait figure au mieux de grande inconnue au pire de dictature ubuesque. Qu’en est-il au juste ? Difficile à dire, la fermeture du pays entretient tous les fantasmes. Néanmoins le Français Benoît Quennedey a publié récemment un livre sur l’économie nord-coréenne. Un livre qui tente d’aller au delà du spectaculaire et du politique pour analyser le pays réel. Pour QUE FAIRE il a accepté de répondre aux questions de Denis Gorteau.

Denis Gorteau : Benoît Quennedey, qui êtes-vous ? Et d’où vient votre intérêt pour la Corée du Nord ?

Diplômé de l'Institut d'études politique (IEP) de Paris, je suis ancien élève de l'ENA et fonctionnaire d'Etat. Mon intérêt pour la Corée provient de travaux universitaires réalisés à l'IEP de Paris en 1995-1996, avec l'idée que les évolutions économiques et sociales sont déterminantes pour comprendre les changements politiques. La Révolution française n'est-elle pas apparue dans un contexte de crise économique aiguë ? Pour la Corée du Nord, je me demandais comment un pays qui faisait figure de modèle de développement dans les années 1960 et 1970 avait pu connaître une grave récession et une sévère pénurie alimentaire une génération plus tard. Ayant visité à de nombreuses reprises les deux parties de la Corée depuis 2005, j'ai réuni la documentation disponible sur l'économie nord-coréenne et ai confronté ces études avec des expériences de terrain, qui ont donné une base aux travaux de coopération que je m'efforce de mener, dans un cadre associatif, entre Français et Nord-Coréens. Je suis convaincu que ces échanges sont le gage d'une meilleure compréhension mutuelle, pour favoriser le développement de la Corée du Nord, permettre sa pleine insertion sur la scène internationale et garantir la paix et la prospérité dans la péninsule coréenne en vue, in fine, de sa réunification.

 "Comment un pays qui faisait figure de modèle de développement avait

pu connaître une grave pénurie alimentaire une génération plus tard ?"

Denis Gorteau : Quand Kim Jong-un arrive aux affaires, comment qualifier l’économie de son pays ? Communisme ruiné ? « Socialisme de marché » à la chinoise ? Capitalisme d’Etat ?

Ne tombons pas dans l'écueil du nominalisme... Votre question, en fait, est double, et porte d'une part sur l'organisation économique et sociale, et d'autre part sur la dynamique économique actuelle.

S'agissant de ses structures, l'économie nord-coréenne relève d'un modèle socialiste planifié, dans lequel la propriété des grands moyens de production est publique et où le système public de distribution garantit l'accès aux produits de base (alimentation, vêtements), les transports et le logement étant largement subventionnés et la santé et l'éducation gratuits. Mais, depuis les mesures économiques du 1er juillet 2002, les entreprises publiques sont autonomes dans leurs décisions de gestion et les échanges inter-entreprises ont une forme monétaire. Par ailleurs, depuis les années 1990 une deuxième économie s'est développée où les acteurs privés jouent un rôle déterminant : les zones économiques spéciales, accueillant les investissements étrangers, et les marchés généraux de biens et de services, où les vendeurs sont coréens, en représentent les deux principales formes.


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Commentaires (2)

1. Tietie00è (site web) 02/06/2013

On a un bon exemple de ce que peut donner un système collectiviste intégral, en Corée du Nord, au niveau des pénuries. Alors que la Corée du sud est un des dragons asiatiques, la Corée du Nord est clochardisée.

2. arsin (site web) 02/06/2013

On a surtout, en Corée du Nord, un bon exemple de ce que peut donner un système étatisé non démocratique. En France, le secteur public fournit globalement les services que l'on attend de lui, principalement parce que nous sommes dans un pays démocratique, où les électeurs réagiraient radicalement s'ils n'avaient plus ni électricité ni trains ou écoles. Le problème de la Corée du Nord, qui était, à des nuances de violence politique près, le même en URSS et en Europe orientale, est avant tout dans la nature du régime.

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