Raymond Aubrac, les Lumières d'un juste - par Voltaire République

  • Par arsin
  • Le 14/04/2012
  • Commentaires (3)

Par Voltaire République, sur leur site

http://voltaire.republique.over-blog.com


L'Association pour une Constituante a également publié un article sur la mort de Raymond Aubrac.

http://www.franceculture.fr/sites/default/files/imagecache/ressource_full/2012/04/11/4422111/RaymondAubrac.jpg

A l'heure où les soldats de l'Armée des ombres rejoignent les uns après les autres le Panthéon de nos mémoires républicaines, à l'heure où le monde se transforme en vaste arène où seuls sortent vainqueurs de la lutte les tenants de l'ordre libéral et de leurs mandants libertariens [Note de l'ARSIN : libertariens, vraiment??], à l'heure où la mort d'un juste est transformé pour de courts instants en show médiatique, à l'heure où dix candidats ont endossé le rôle des dix petits nègres, nous avons choisi ce jour, pour que les ombres qui s'étirent dans ce pâle soleil reçoivent l'hommage qui leur est dû.

 

C'est avec ce poème d'Eluard que nous t'adressons, Raymond Aubrac, un dernier

 

Salut et Fraternité!

 

 

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom


Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom


Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom


Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom


Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

 

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

 

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes maisons réunis
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Dur miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

 

Sur mes refuges détruits

Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom


Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom


Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom


Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Commentaires (3)

1. Boreas (site web) 15/04/2012

http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense/Raymond-Aubrac-etait-un-agent-communiste_a573.html

2. Boreas (site web) 15/04/2012

http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense/Aubrac-etait-un-compagnon-de-route-pas-un-agent-communiste_a574.html

3. arsin (site web) 15/04/2012

Merci d'avoir posté ces liens, mais je ne vois pas trop ce que cela change au passé résistant de Raymond Aubrac. Après cela, le fait qu'il aurait pu être un agent du financement du PCF par les états du Pacte de Varsovie via le BERIM, je dis : "et alors, quoi de neuf?". On rend bien hommage à De Gaulle pour son rôle dans la Résistance alors qu'il a des actes bien plus graves à son passif (Sétif, la finition longue et dramatique de la guerre d'Algérie...).

Sinon, on voit bien re-débouler le discours assimilant l'URSS et le IIIème Reich, auquel il serait long de répondre ici. Personnellement, dans le conflit entre les deux puissances, je sais très bien quel camp j'aurais choisi, et Raymond Aubrac a fait le même choix. Quant à ceux qui dénoncent ses liens avec le Vietminh, on peut leur demander : et pourquoi l'armée française s'est ramenée en Indochine en 1946 ?

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