La guerre pour le sens de l'existence (4)

(lire la partie précédente)

 

Partie 4 : notre monde a besoin de frontières

 

Pour conclure ces longs développements, je ne vais pas rappeler qu'il faut combattre l'Etat Islamique ou autres banalités, pas plus que je ne prétendrai avoir de solutions définitives pour y parvenir.

 

Mais comme idée générale pour maintenir la paix entre des peuples différents inquiets de leurs postérité, voyons la seule solution qui s’offre : le rétablissement des frontières. La principale alternative serait de croire qu’une « conscience morale » se « mondialiserait », et que, par les progrès de la communication et de l’éducation, les rivalités entre nations, communautés religieuses, ethnies… se dissoudraient par la simple intelligence, et que l’Humanité dans son ensemble communierait finalement, par delà ses différences, autour des seuls vrais problèmes : la lutte contre la destruction de l’environement, la grande pauvreté, la maladie et la violence.

 

Problème : ce rêve passe au-dessus de cette réalité que nous avons exposée tout au long de ce texte, qui est que la plupart des individus cherchent la perpétuation de leur groupe, culturellement et généalogiquement. Et que la tension qui se crée entre deux groupes qui se font concurrence par le nombre ou par les idées et croyances est un problème dont la résolution n’a rien à voir avec le niveau d’intelligence et d’éducation des populations concernées. Si vous prenez un peuple dont le QI moyen serait de 140, et que vous l’informez que leurs descendants seront de toute façon submergés par ceux d’un autre peuple, vous aurez une radicalisation pouvant aller jusqu’à la violence la plus extrême. Le XXème siècle a enterré l’idée que la culture empêchait des hommes de sombrer dans la barbarie.

 

La frontière a cette propriété de partager le monde en différents espaces à l’intérieur desquels les conflits pour la postérité – démographique et/ou culturelle – sont limités. A l’intérieur d’un pays relativement homogène, on peut parler d’autre chose que de remplacement, d’ethnicité et de l’identité, quelque chose qui devrait normalement aller sans dire.

 

La frontière ne signifie pas l’absence d’échange – mais la possibilité de les limiter, de les suspendre quand le besoin s’en fait sentir. Et bien entendu, il y a des êtres humains qui, à certains moments, n’ont pas d’autres choix que de quitter leur terre pour se réfugier ailleurs. Cela ne veut pas dire qu’il faille leur refuser tout droit au déplacement ; mais cela ne veut pas dire non plus que le monde entier doit devenir une zone de refuge ou de libre circulation.


Comme je l’écrivais au début de 2016, il est bon qu’il existe des villes cosmopolites, des « villes-monde » à travers la planète, comme Hong Kong ou Singapour. Mais contrairement aux déclarations des maires de Paris et Londres après le référendum britannique du 23 juin, ces villes n’incarnent en rien « l’avenir » - ce qui est une insulte à la majorité des êtres humains qui n’y vivent pas et n’y vivront sans doute jamais. Par contre, elles ont pu constituer des soupapes pour que les réfugiés de pays tels que la Chine (populaire maoïste) puissent construire des exemples de ce à quoi une Chine plus ou moins démocratique et riche aurait pu ressembler (à Hong Kong).

 

Edifier, avec le concours des pays développés, des cités d’accueil sur les côtes de l’Afrique peut être une première étape dans la gestion des flux migratoires qui seront à l’avenir générés par le changement climatique, des guerres ou des crises économiques, en créant des destinations alternatives pour que ces migrants n’aient pas besoin d’aller en Europe, au risque de mourir en mer ou dans le Sahara. Cela ne constitue évidemment pas une solution définitive aux causes des émigrations, et cela coûtera de toute façon beaucoup d’argent.

 

Mais il y a une différence entre payer cher pour un projet de développement et ouvrir ses frontières dans les grandes largeurs au nom de « l’humanité » et du « mélange » qui serait une « richesse » : au moins, dans le premier cas, on reste maître de ce que l’on fait. Et de son destin.

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