Religion et politique - par Jacques Sapir

  • Par arsin
  • Le 04/07/2014
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Par Jacques Sapir, sur son blog

Colloquium Heptaplomeres

Une illustration de l'Heptaplomeres de Jean Bodin (supposé écrit vers 1587)

Estimer que c’est à travers des formes d’organisation politique dans le sens le plus large que se constitue et se maintient une société pose immédiatement le problème de la souveraineté. La souveraineté devient essentielle non seulement pour l’existence de la communauté politique mais aussi comme source fondatrice de son droit, donc de ses lois et règles. Or, cette notion a provoqué de nombreux débats que ce soit en science politique ou en droit constitutionnel. Retenons ici deux des attributs de la souveraineté ; tout d’abord :

« …le souverain est placé au-dessus de tout statut constitutionnel (et) n’est pas lié par lui. Il le crée, mais ne lui doit rien. La marque essentielle de la souveraineté, c’est la possession du pouvoir constituant… ». Il faut alors immédiatement ajouter : « …le souverain détermine l’idée de droit valable dans la société politique considérée… ». On doit cependant remarquer que cette souveraineté ne s’applique qu’aux hommes et non aux choses, et qu’il ne peut y avoir de souveraineté que rapportée à un groupe humain. C’est en cela que la formule d’Aglietta et d’Orléan sur la monnaie souveraine est à la fois fausse et trompeuse et relève du fétichisme.

La souveraineté est à l’origine des notions de pouvoir, de consentement et de légitimation du pouvoir, et donc des concepts d’Auctoritas et de Potestas. C’est la souveraineté qui définit le Droit car c’est elle qui le créé. Elle ne le définit pas seulement en termes généraux, mais aussi, et c’est l’importance d’une situation exceptionnelle de révéler la nature réelle des principes mis en œuvre, en des termes très concrets de savoir qui va tuer et qui doit mourir. Hors la souveraineté, ces concepts n’ont plus de sens. Il ne peut y avoir d’Auctoritas et la Potestas ne traduit qu’une situation de fait et non de droit. Penser la souveraineté revient immédiatement à penser les concepts d’Auctoritas et de Potestas. On peut alors se demander quelle est la source d’un tel Pouvoir. Pourtant, si l’on admet que le contenu symbolique de ces concepts est important, et si ces notions ont été développées dans des temps où la religion, dans les différents sens de ce terme, était centrale on défend ici l’idée que non seulement de telles définitions sont en réalité inutiles, mais qu’elles sont même nuisibles et dangereuses pour établir la généralité de ces dits concepts.

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