Sortir de l'euro : on ne peut pas, ou on ne veut pas ? La question de la démocratie - par L'Oeil de Brutus

  • Par arsin
  • Le 23/05/2014
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Par L'Oeil de Brutus, sur son blog

SORTIR DE L’EURO : ON NE PEUT PAS OU ON NE VEUT PAS ? LA QUESTION DE LA DEMOCRATIE.

« Tout le monde savait que c'était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait. »

Marcel Pagnol

Ce billet s’inscrit dans le prolongement d’un débat initié à la suite d’une critique d’un article de M. Colletis-Wahl (ici), à laquelle celui a eu l’amabilité de répondre (ici).

Introduction

« L’euro est irréversible » : c’est une litanie que l’on entonne religieusement en eurobéatitude (notamment de la part de Mario Draghi, patron de la BCE). Il s’en trouve au sommet de la technocratie européenne (mais pas seulement) à croire que leurs créations humaines sont éternelles. L’assertion en elle-même non seulement décrédibilise leurs auteurs mais laisse entrevoir ce qu’est leur vision de la démocratie. Dans leur eschatologie de « fin de l’histoire », ces demi-dieux prétendent donc à l’éternité et surtout au droit et au devoir de dicter aux peuples le sens de leur destinée. Autre époque, autre économicisme totalitaire : les marxistes aussi clamaient l’avènement inéluctable de la fin de l’histoire.

Seul le moyen change (la monnaie unique pour établir le marché parfait versus la dictature du prolétariat à l’issu de la lutte des classes), mais le mépris de la démocratie, de la culture (en fait de tout ce qui n’est pas économique), et tout simplement de l’Homme, est le même. L’échec est du même ordre. En économie, bien sûr : entre 1999 et 2008, la croissance moyenne de la zone euro n’a été que 1,9% alors que les pays européens qui ont le choix de ne pas rentrer dans la monnaie unique (en particulier Royaume-Uni, Danemark et Suède) ont connu une croissance moyenne de 2,5%. Dans le même temps, le taux moyen de chômage était de 8,5% pour les premiers pour seulement 5% chez les autres. La crise nées des subprimes a encore accru le décalage : de 2009 à 2013, la zone euro s’est contractée de 0,4% et son chômage s’est envolé à 12,5% pendant que les pays européens non membres connaissaient une croissance de 0,2% et contenaient le chômage dans une proportion beaucoup plus raisonnable de 7,5%. Mais au-delà de l’économie, l’échec de l’euro est avant politique et idéologique.

Que les choses soient toutefois claires : il n’est aucun pourfendeur de l’euro un tant soit peu sérieux à affirmer que la sortie de l’euro sera un partie de plaisir et une solution miracle. Ce ne sera ni l’un ni l’autre. Une sortie de l’euro ne résoudra rien si elle ne s’accompagne pas d’autres réformes de fond (notamment constitutionnelles, fiscales ou encore administratives). Mais là où la sortie de l’euro prend tout son sens, c’est que sans elle toutes ces réformes ne pourront être ou sinon ne seront que des artifices de communicants sans lendemain, comme nous le montrent si bien les échecs successifs de la droite comme de la « gauche » depuis de nombreuses années. Sans sortie de l’euro, il n’y a affectivement par d’alternative (le fameux « TINA » de Margaret Thatcher) au carcan dogmatique néolibéral dans lequel la monnaie unique nous a enfermé. Tout l’enjeu de l’euro est là : continuer à subir la doxa néolibéral, sous diktats financiers, ou offrir d’autres alternatives aux peuples souverains. La tyrannie des marchés ou la démocratie recouvrée.

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