Souveraineté et Nation - par Jacques Sapir

  • Par arsin
  • Le 12/07/2013
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Par Jacques Sapir, sur son blog

À propos d’un article de Frédéric LORDON, et en attendant le 14 juillet.

Frédéric LORDON vient de publier un texte important où il aborde la question essentielle de la souveraineté mais aussi celle tout aussi essentielle de la Nation. On voit immédiatement l’enjeu de ce texte, et des interrogations auxquelles il cherche à répondre, dans le contexte de la crise de l’Euro, mais aussi, plus généralement, de la crise de l’idée européenne engendrée par les efforts de ceux qui se proclament les plus ardents défenseurs de l’Union européenne. Ces questions ont aussi été abordées dans le livre qu’a dirigé Cédric Durand, et j’invite les lecteurs de ce carnet de se reporter au débat que j’ai eu avec lui dans des notes précédentes.

 

Avant d’essayer d’approfondir certains points du texte avec lesquels j’ai un accord évident, et sur lesquels j’ai pris position depuis plus de dix ans, il convient de préciser une chose. Frédéric LORDON écrit donc : « Car si cet ordre (i.e. le Néo-Liberalisme) en effet se définit comme entreprise de dissolution systématique de la souveraineté des peuples, bien faite pour laisser se déployer sans entrave la puissance dominante du capital, toute idée d’y mettre un terme ne peut avoir d’autre sens que celui d’une restauration de cette souveraineté, sans qu’à aucun moment on ne puisse exclure que cette restauration se donne pour territoire pertinent – n’en déplaise à l’internationalisme abstrait, la souveraineté suppose la circonscription d’un territoire – celui des nations présentes… et sans exclure symétriquement qu’elle se propose d’en gagner de plus étendus ! ». C’est un début que je partage entièrement, y compris le fait que la souveraineté implique un territoire mais aussi la définition de qui est à l’intérieur et de qui est à l’extérieur. La frontière est un élément décisif et même constitutif de la démocratie, que cette frontière soit territoriale ou qu’elle soit métaphorique comme dans le cas de l’appartenance à une organisation. Il est plaisant d’entendre ceux-là mêmes qui refusent les frontières autour d’un territoire défendre la distinction membre/non-membre dès que leur pouvoir est en jeu. Il ferait beau voir que chacun d’entre nous puisse voter au sein des instances d’un parti politique, quel qu’il soit, sans en être membre ! On voit bien, à travers cet exemple, que l’existence de la démocratie implique la clôture de l’espace politique, et que cette dite clôture implique une « frontière ». Dire cela n’implique pas que nous n’ayons rien en commun, ou que nous ayons à nous désintéresser de ceux qui sont de l’autre côté de la clôture, que celle-ci définisse une organisation ou un pays. Mais cela conduit à donner du sens à la distinction membre / non-membre, à lui conférer une pertinence et donc, par opposition, à tenir pour dangereuses les idées qui récusent qui récusent cette distinction.

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