Un Français sur deux n'a pas voté pour l'européïsme - par Pablito Waal

  • Par arsin
  • Le 22/04/2012
  • Commentaires (0)

Par Pablito Waal


23/04 : l'article a été remis à jour avec les chiffres définitifs du Ministère de l'Intérieur.

Contrairement aux journalistes « professionnels », je donne les scores en proportion des inscrits.

 

Je commence, en toute honnêteté, par reconnaître que je me suis trompé en croyant aux sondages donnant l’abstention à 30%, alors qu’elle est ce soir à 20,5%. La stratégie de « l’abstention militante » apparait dans toute son efficacité

 

Candidat-e

Score en % des exprimés

Score en % des inscrits

Nathalie Arthaud

0,6%

0,6%

Philippe Poutou

1,2%

1,0%

Jean-Luc Mélenchon

11,1%

8,8%

Eva Joly

2,3%

1,7%

François Hollande

28,6%

23,3%

François Bayrou

9,1%

7,2%

Nicolas Sarkozy

27,2%

21,1%

Nicolas Dupont-Aignan

1,8%

1,5%

Marine Le Pen

17,9%

14,5%

Jacques Cheminade

0,3%

0,2%

 

Malgré tout, les pronostics que j’avais donnés, avec des intervalles assez larges il est vrai, sont globalement respectés, sauf pour le groupe des « sociaux-démocrates » Hollande et Joly, et plus relativement pour Sarkozy que je n’attendais pas aussi haut.

 

 

Année

Candidats

Pronostic (en % des inscrits)

Réel

Abstention

 

30%

20,5%

Gauche Radicale

Poutou, Arthaud, Mélenchon

8 à 12%

10,3%

Sociaux-démocrates

Hollande, Joly

19 à 23%

24,6%

Centre-droit

Bayrou

6 à 8%

7,2%

Droite

Sarkozy, Dupont-Aignan

18 à 22%

23,0%

Droite nationaliste

Le Pen

10 à 14%

14,4%

 

 Première nouvelle, comme dit en titre : net recul du sarkozysme (de 31 à 27% des exprimés de  2007 à 2012, de 25 à 21,5 % des inscrits). Il y a probablement eu un vote utile de droite, mais pas énorme, vu le score de Le Pen.

 

Je disais il y a peu que l’essentiel, c’était que de constater que les rapports de force politiques bougent peu. Globalement, c’est confirmé. Seul le camp « social-démocrate » fait un peu mieux (4 ou 3 points de plus qu’en 1995, 2002 et 2007) que d’habitude. Cette progression se fait sans doute au détriment de Bayrou. Quant à la « percée » du Front de Gauche et de la gauche radicale dans son ensemble, elle n’a tout simplement pas eu lieu. Il y a bien une hausse de … 0,8 points par rapport à 2002. Mais une baisse de 0,4 points par rapport à 1995. Une hausse nette par rapport à 2007, mais le score de la gauche radicale était comprimé par la division des candidatures et le vote utile. C’est clair et net, Jean-Luc Mélenchon n’a fait qu’unifier son camp, rien de plus.

 

Scores des familles politiques en % des inscrits :


Année

1995

2002

2007

2012

Gauche Radicale

10,9%

9,7%

7,2%

10,3%

Sociaux-démocrates

20,3%

20,5%

21,6%

24,6%

Centre-droit

14,8%

10,1%

15,2%

7,2%

Droite

20,3%

16,6%

27,2%

23,0%

Droite nationaliste

11,7%

14,4%

8,8%

14,4%

 

 

 

Je ne me réjouirai pas du score de Marine Le Pen (17.9% des exprimés). J’aurais préféré un transfert plus important de ses voix à Nicolas Dupont-Aignan (1,8% des exprimés). Mais le score cumulé des candidatures perçues comme « eurosceptiques » (bon, je sais, l’UPR dira le contraire, ok…) est à 19,7% des exprimés. C’est franchement pas mal vus les cris d’orfraie contre la sortie de l’euro et de l’UE.

 

Une réelle occasion de se réjouir : la chute de Bayrou sous les 10% des exprimés, et à moins de 8% des inscrits. Pourquoi ? Parce que quand on vote Hollande et Sarkozy, candidats européïstes, on le fait principalement pour des raisons franco-françaises, et souvent par rejet du candidat adverse. A contrario, le vote Bayrou est un vote d’adhésion à une famille politique fondamentalement européïste.


Les scores cumulés des candidats qui soutiennent l’UE telle qu’elle est, et n’envisagent pas une seconde d’en sortir (1), soit Sarkozy, Hollande, Joly, Bayrou, font 67,3% des exprimés, et 53,5% des inscrits. Si l’on enlève le « vote utile », à droite comme à gauche, pour Sarkozy et Hollande, les votes à motivations franco-françaises, il y a tout lieu de penser qu’une majorité de français n’ont pas jugé utile de voter pour défendre l’UE et l’euro.

 

Maintenant, agissons.

(1) Reconnaissons que certains se posent la question au sein du Front de Gauche et des trotskystes. Encore un effort, camarades.

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