Le Royaume-Uni est le premier pays à quitter l'Union Européenne

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D'abord, félicitations aux 17 millions d'électeurs britanniques qui ont voté "Leave". Aucune aigreur pour les 16 millions d'autres qui ont cru bien faire en votant "Remain".

Quelques observations et réflexions en vrac sur le Brexit :

- oui, en soi, ça ne changera rien au quotidien des Britanniques dans les deux ans à venir. Mais cela écarte pour très longtemps la possibilité d'une entrée du R-U dans l'Euro (la monnaie) et permettra de changer la politique migratoire britannique;

- pour rappel, le R-U est le pays d'Europe de l'Ouest qui, sur le long terme (en excluant l'année 2015) reçoit le plus d'immigrants par an (500 000, moitié UE et moitié hors UE);

- oui, le vote "Leave" avait majoritairement des motivations "de droite" : réduire l'immigration, reprendre le contrôle des frontières;

- il n'empêche qu'une partie des électeurs du Labour n'ont pas suivi les consignes de J.Corbyn (qui a appelé, après hésitations, à voter "Remain"). Soit une partie de cet électorat est hostile à l'immigration massive, soit ces électeurs craignaient qu'un jour, le contrôle des budgets publics par la Commission et le Parlement Européens, qui se met en place dans l'Eurozone, s'étende à leur pays (soit les deux motivations à la fois);

- pour ceux qui disent que le R-U est un pays "ultralibéral", et que le Brexit va accroître cette orientation, deux points : 1) je ne me rappelle pas avoir vu la Commission Européenne sommer un pays d'augmenter ses dépenses et emplois publics; 2) 20% des emplois au R-U sont dans la sphère publique. C'est moins qu'en France (en proportion, mais pas en nombre, car il y a plus d'emplois au total Outre-Manche, pour une population comparable), mais c'est loin d'en faire un pays "ultra-libéral";

- la démission de D.Cameron est noble et respectable. Sans doute aussi un peu calculée, pour que le prochain Premier Ministre, probablement Boris Johnson, ancien maire de Londres et chef de file du "Leave" [Note ultérieure : raté, c'est Theresa May qui est devenue Premier Ministre !], ait à affronter les turbulences économiques et administratives qui s'annoncent pour les deux prochaines années. Mais c'est de bonne guerre et dans la logique des engagements de chacun;

- l'Angleterre et le Pays de Galles ont voté "Leave" (53% et 52%), l'Ulster et l'Ecosse ont voté "Remain" (55% et 62%);

- pour l'Irlande du Nord, le scénario du rattachement à l'Eire est très peu probable. Les sondages réguliers montrent une faible envie de rattachement (20%, soit la moitié seulement des gens qui votent pour les partis républicains irlandais). La demande du Sinn Fein d'obtenir un référendum sur la réunification irlandaise a toutes les chances de faire plouf. Et la période de haute croissance en République d'Irlande est finie depuis 2009;

- pour l'Ecosse, l'imminence d'un nouveau référendum sur l'indépendance est tout sauf évidente. Les sondages parus depuis 2014 (après le référendum du mois de septembre) ont confirmé que le "Non" l'emporterait encore. Et ce alors que la campagne sur le Brexit battait son plein. Quand Nicola Sturgeon, leader du SNP, demandera un nouveau vote sur l'indépendance au prétexte que le Brexit aurait changé les circonstances depuis 2014, B.Johnson pourra certainement répondre que les Ecossais n'auront qu'à attendre quelques années, des fois que l'évolution des circonstances leur donne encore plus envie de rester dans le R-U;

- bien entendu, on commence à voir circuler des statistiques selon lesquelles "les jeunes ont voté Remain, les vieux Leave", ce qui sous-entendrait : "les vieux grincheux et égoïstes ont privé les jeunes de leur avenir", sans qu'on sache très bien de quel avenir on parle. Et que l'on pourrait répondre : les plus de 40 voire 50 ans qui ont voté Leave ont l'expérience des 43 ans de présence du R-U dans la CEE puis UE, contrairement aux jeunes qui n'ont pour expérience que ce que les médias veulent leur dire [Note : on apprendra par la suite que les jeunes, en réalité, se sont surtout massivement abstenus lors de ce référendum...];

- autre point : j'aimerais connaître la répartition des votes selon les catégories professionnelles, mais aussi ethniques. Juste pour voir;

- par définition, le Royaume-Uni ne saurait être politiquement isolé après le Brexit. Sur les questions militaires, il est toujours membre de l'OTAN, a une relation "spéciale" avec les USA, et plus encore avec les autres pays anglo-saxons (Canada/Australie/Nouvelle-Zélande). Culturellement, il aura toujours une connexion avec d'autres pays européens, en particulier les Scandinaves, les Pays-Bas, la Finlande et peut-être un jour la Fl...andre, pays largement anglophones, ayant une tradition politique libérale - à défaut d'avoir les mêmes options économiques;

- pour les mêmes raisons, il n'y aura certainement pas de référendum sur l'appartenance à l'UE en France, ou en Italie, dans les années à venir. A la fois parce que les gouvernements actuels s'y opposeront plus que tout, mais aussi parce que l'argument de l'isolement pèserait beaucoup dans un pays comme l'Italie ou même la France, même s'il est plus critiquable dans le cas de notre pays;

- en clair, si un pays pouvait quitter l'UE maintenant, c'était bien le Royaume-Uni. Une victoire du "Remain" n'aurait évidemment pas enterré le souverainisme en Europe, mais l'aurait ralenti considérablement pour au moins une décennie, sauf crise politique soudaine et majeure.

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