VIème république ou Souveraineté? - par Jacques Sapir

  • Par arsin
  • Le 22/04/2013
  • Commentaires (0)

Par Jacques Sapir, sur son blog 

Lire aussi les commentaires de Descartes sur le projet de IVème...euh pardon : de VIème république.

http://referentiel.nouvelobs.com/file/5516252-melenchon-choisit-la-souverainete-des-peuples-plutot-que-l-euro.jpg

Une porte doit être ouverte ou fermée. Jean-Luc Mélenchon se propose seulement de l’entre-bailler. 

Un appel d’économistes contre la finance et l’austérité circule, à l’initiative de personnes du Front de Gauche . Mon premier sentiment a été de le signer, sur la base du premier paragraphe avec lequel je suis entièrement d’accord. Ce qui militait aussi pour ma signature était les attaques assez infâmes dont Jean-Luc Mélenchon a été dernièrement l’objet, avec à la clef des déformations systématiques de ses propos. Seulement, ce texte ne comprend pas que le premier paragraphe, et des facteurs émotionnels, pour importants qu’ils puissent être, ne peuvent à eux seuls emporter la décision.

Articulation ou mélange des genres?

Ce texte mélange deux idées. L’une est la lutte contre la finance et l’austérité, l’autre un appel pour une VIème République. Nous avons donc une logique conjoncturelle, car la lutte contre la finance et l’austérité peuvent parfaitement prendre place dans nos institutions, et une logique structurelle, qui appelle au changement de ces dites institutions. L’articulation entre les deux n’est pas évidente, même si la politique suivie par le gouvernement ne peut se poursuivre, alors qu’elle est clairement désormais minoritaire, que parce que ce gouvernement s’appuie justement sur les institutions. Cette articulation entre le conjoncturel et le structurel, nous la retrouvons dans la crise politique que nous traversons, et dont l’affaire Cahuzac est l’un des symptômes.

Cette crise, avec toutes les pathologies qui y sont associées, vient justement de ce que, au sein de nos institutions, ont été insérées des textes privant progressivement les citoyens de leur souveraineté au profit de l’Union Européenne. Je ne suis donc nullement opposé au mélange des genres, qui est en un sens légitime dans la situation actuelle. Mais, les auteurs du texte, au lieu de jouer de cette articulation, de développer en quoi notre système politique a partie liée avec la politique d’austérité, présentent les deux idées d’une manière qui est en fait très séparée.

On trouve ainsi, dans le deuxième paragraphe, un appel à une autre politique qui se réduit à un catalogue de mesures, sans ordre ni priorités. Dès que l’on sort du cadre national, on est renvoyé à des thèmes propagandistes comme : « d’une bataille à l’échelle européenne pour la refondation de l’Europe » ou encore, « …donner aux peuples d’Europe la maîtrise de leur destin doit être l’objectif de tout gouvernement de gauche. Nul doute qu’un gouvernement qui engagerait un tel processus aurait un écho considérable et trouverait nombre d’alliés parmi les gouvernements étranglés par les politiques actuelles ». Il y avait pourtant mieux à dire, et à faire.

La souveraineté, coeur du problème.

Lire la suite sur le blog Russeurope

économiste pétition austérité Européenne Union euro France Mélenchon

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