L'Allemagne victime de l'euro - par Edgar

Par Edgar, sur son blog La Lettre volée

http://www.lalettrevolee.net/

 

Nous accueillons Edgar et son blog La Lettre volée, actif depuis 2005, parmi nos partenaires, dont nous relaierons des articles à l’avenir.

 

Jacques Sapir annonce la fin de l’Euro à court terme

 

Pendant que l’Union européenne prépare la grande bascule destinée à rendre l’euro irréversible, il peut être intéressant de revenir sur le poids de l’euro.

 L’Allemagne est censée ouvrir la voie du salut européen : la compétitivité allemande doit servir de modèle au reste de l’Union.

Un billet du FT Deutschland, traduit en français sur le blog Rénovez Maintenant , montre l’envers du décor : l’Allemagne ne s’en sort que grâce à son commerce avec les pays de la zone euro, vis-à-vis du reste du monde elle souffre de la surévaluation de l’euro tout autant que ses voisins de galère.

Pour les dernières données de la Bundesbank, portant sur le deuxième semestre 2010, l’excédent commercial allemand progresse de 19% par rapport à la zone euro, mais baisse de 8% par rapport au reste du monde.

L’Allemagne n’est compétitive que par rapport à ses partenaires de l’euro.

Elle bénéficie de son aversion pour l’inflation.

J’ai vu cet été le film allemand "la vague" (pas mal d’ailleurs). On y voit une classe de lycéens répondre au professeur qui leur demande la cause du totalitarisme : "l’inflation" !

Les autres pays européens n’ont pas cette horreur pour la chose, voire ont besoin d’une inflation supérieure pour rattraper leur retard de développement économique (effet Samuelson-Balassa).

Que les allemands aient une phobie de l’inflation est un fait. Que toute la zone euro doive faire pénitence pour cela en est un autre, fort discutable.

Surtout que la situation réelle de l’Allemagne n’est pas forcément reluisante. On lira ce billet qui date certes déjà de mars 2010, sur le blog "les dessous de l’Allemagne", qui notait "Ce qui est célébré est en fait une restructuration du marché du travail : une baisse des contrats de travail à temps plein et une augmentation des contrats à temps partiel ou très partiel. Moins de chômeurs dans le sens des statistiques officielles, plus de travailleurs pauvres et précaires." (lire aussi les "compléments d’information" dans le premier commentaire).

Chez nous aussi, Médecins du Monde s’alarme de la dégradation des conditions sociales et maintenant sanitaires. 

Si la zone euro avait un sens, un but, elle se préoccuperait de relance à l’intérieur et de juste parité entre euro, dollar et yuan à l’extérieur.

Elle n’a aucun sens car les préférences en matière économiques restent nationales, pour des raisons à la fois psychologiques (exécration allemande de l’inflation) et réelles (besoin d’inflation pour les pays en "rattrapage" ou pour les pays aux modes de négociation salariale moins consensuels).

*

 Il n’y a pas de raisons de défendre l’euro, aucune. La monnaie unique est nuisible, y compris pour l’Allemagne (qui ne tardera pas à s’en apercevoir quand elle devra en plus garantir la dette de la totalité de la zone, via le FESF et le MES). Il n’y a que des souverainistes européens pervers qui peuvent souhaiter prolonger ce carcan, ou des naïfs.

 

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Parfois les naïfs sont aidés :

unsa

 

 

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