La lutte politique - Florent

 

15/06/2011 - Article proposé par Florent

Titre : Karl Marx ou Travis Bickle ?


           Toutes les personnes qui se sentent mal à l'aise dans notre société, et qui aspirent à un changement radical, que ce soit en vue d'améliorer ses conditions de vie, d'ouvrir de nouvelles perspectives morales, ou bien de faire triompher une conception de la justice qui lui paraît plus proche, se pose la question de savoir : comment dois-je m'y prendre ? Maintenant, qu'est ce que je fais ? Cette question peut-être intellectualisée, comme c'est le cas lorsque j'écris cet article, comme elle peut, le plus souvent, être inconsciente.

          Je ne crois pas hasardeux d'établir différentes catégories de luttes politiques, de subversion de la société.

          La première, c'est celle que je qualifierais d'instinctive. Concrètement, c'est le feu rouge que l'on grille la nuit, bien que n'étant pas pressé. C'est l'idée qu'on viole le code la route, qu'on prend le risque de le faire, mais qu'il est juste de le faire, car à deux heures du matin, il n'y a personne et ce n'est pas dangereux. L'auteur de l'infraction change les règles, et décide d'appliquer les siennes.

          Cette logique poussée à bout, c'est le Taxi Driver de Martin Scorsese. Dans ce film qui nous plonge dans le New York bordélique et brutal des années 1970, un jeune chauffeur de taxi incarné par Robert de Niro, révulsé par l'immoralité qui l'entoure, décide de se transformer en sorte de héros discret. Il se procure au marché noir une arme, et à la fin du film, abat un proxénète qui exploite une jeune prostituée de 14 ans. Certes, le personnage à un caractère très névrotique. Le film est complexe : il est victime d'une déception amoureuse qu'il n'arrive pas à digérer, et reporte sa haine de la femme qui le rejette, sur le monde qui l'entoure, en homme malade de sa solitude.

          Poussée encore plus à fond, le banditisme est dans la même logique. La mafia, sa forme organisée, est comme un parti politique qui prônerait le capitalisme sans entraves, en ce sens ou elle cherche à satisfaire la demande de produits prohibés par l'Etat (drogues, prostitution, etc) par les moyens qu'elle décide d'employer. La "famille" fait passer ses intérêts avant ceux de la société, par des moyens violents. Ses affranchis ne veulent pas vendre leur force de travail 35 heures par semaine à un capitaliste : ils veulent obtenir une certaine richesse matériel par d'autres méthodes que celles proposée par la société, que celle autorisée par la loi. Ils cultivent des valeurs morales parallèles aux valeurs officielles. La justice de l'Etat interdit de se venger par le meurtre de quelqu'un qui aurait trahi. La mafia l'autorise.

          Mais il existe un second moyen de subvertir la société. Et il est nécessaire de s'y pencher, d'y réfléchir. Car les victoires mafieuses sont éphémères, et les parrains finissent en général tous mort, ou en prison. Tony Montana brille de mille feux, dans son bain à remous, cigare au bec, mais fini dans le cadavre flottant dans une marre de sang, et le cerveau rongé par la cocaïne. Et Travis, notre héros solitaire, est abattu par la police.

          En vérité, qui a mieux détruit une société qui le révulsait, que celui qui l'a contaminé jusqu'au sang par ses idées ? Ainsi Karl Marx, bien que mort dans sa misère londonienne, voyait son portrait, quelques décennies plus tard, brandit par près d'un tiers de l'humanité, de Moscou à Pékin. Aussi, qui peut nier l'influence immense des "conseillers" sur les grands dirigeants de ce monde ? Dans le système démocratique actuel, sont à la tête des Etats bien souvent des hommes de communication. Ce sont des acteurs, et comme disait Peters Sellers, un grand acteur est "comme un vase vide". C'est l'entourage, ceux qui écrivent les discours, ceux qui soufflent à l'oreille des solutions qui, au fond, changent véritablement le monde dans le sens qu'ils voudraient.

          Cela dit, cette opposition que j'effectue entre ces deux optiques n'est pas totale. Ainsi, Staline et les bolcheviques n'ont-ils pas hésité à recourir au banditisme, à braquer des banques, pour financer la propagation de leurs idées. Il ne faut pas croire donc, selon moi, que seul l'échos de ses idées peuvent permettre de voir le changement arriver, et d'en profiter. Agir est aussi nécessaire. A chacun de trouver sa voie, sa méthode, pour y arriver, sans finir en prison ou tué par balle, mais sans finir non plus comme un intellectuel jugé brillant, mais seulement étudié par des universitaires dans un chapitre précis de l'histoire des idées humaines.

Florent

Commentaires (2)

1. casinos en ligne (site web) 10/02/2012

Je n'ai pas aimé du tout. Mais pas de comptabilité pour tous les goûts.

2. 10/02/2012

Bien qu'il ait très certainement été déposé par un robot, nous laissons ce message, qui montre que ceux qui programment ces robots ne maîtrisent pas forcément la langue française. Mais celle-ci n'a pas de COMPATIBILITE pour tous.

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