Synthèse du débat sur l'immigration - par l'ARSIN

Par l'ARSIN

 

L'ARSIN tenant toujours ses promesses, voici la synthèse du débat sur l'immigration que nous avions proposée à nos lecteurs. Elle s'inspire d'échanges ayant eu lieu entre nos partenaires, notamment en marge de cet article. Elle est bien entendue ouverte à toute proposition de modification constructive. Des tableaux et graphiques chiffrés complètent cet aperçu du sujet en fin d'article.

 Nous reprenons la structure du tableau ouvrant sur deux points de vue :

Pro-immigrationniste

Anti-immigrationniste

Qu’est-ce que la France ?

La France est une communauté politique, bâtie sur l’idée de liberté (« franc » signifie « libre »), plus que sur des « racines ».

 

Tant qu’ils respectent les lois de la République, il n’y a pas de reproche à faire sur les différences culturelles des immigrés. Cette adhésion à la République suppose cependant l’acceptation des droits individuels et donc prend de front des cultures où la tribu, le clan ou la communauté religieuse priment sur l’individu. Donc il ne s’agit pas d’une tolérance à tous crins.

La France ne se définit pas que comme une nation politique dont les habitants sont égaux en droits. Elle a aussi un contenu culturel fort, et différent de celui d’une grande partie des immigrants actuels (venus pour moitié du continent africain).

 

Le ressentiment dû à la colonisation accroit ce fossé culturel. Il est encore aggravé par certains mythes qui tiennent lieu de « rente morale » pour certains immigrants (la France aurait été rebâtie après 1945 par les immigrés, elle aurait bâtie sa richesse sur les colonies).

 

La France se définissant entre autres par sa culture, on ne peut pas dire que l’adhésion ou non des immigrés à la culture française, donc leur assimilation, n’est pas un problème, surtout s’ils sont nombreux à la refuser.

L’immigration, un impératif démographique pour la France ?

La puissance potentielle d’un Etat se lit dans sa population, fut-elle pauvre, car un peuple peut toujours opérer un rattrapage. En cas de grands travaux, ou pour la défense nationale, une population importante sera le plus souvent un atout.

 

La France a une natalité apparemment bonne, mais en réalité précaire, et un indice de fécondité qui serait inférieur à 2 enfants par femme en âge de procréer sans l’immigration. A court terme, en attendant que la fécondité des françaises de type européen ne progresse encore, nous ne pouvons nous passer de l’appui immigré.

 

La France n’est pas surpeuplée. Pays le moins densément peuplé d’Europe de l’Ouest avec l’Espagne, elle a une marge d’accueil importante. Trop longtemps rurale, elle devrait se réindustrialiser, et aura besoin d’une main d’œuvre importante et qualifiée (et les immigrés le sont souvent).

 

 

Doit-on avoir des objectifs  en termes de peuplement de la France ? La richesse d’un pays n’est pas corrélée à sa population…

 

Se reposer sur l’immigration pour maintenir un certain  niveau de fécondité pose problème à deux titres : d’abord, si l’on accepte définitivement l’idée que les français « autochtones » n’atteindront plus le seuil renouvellement des  générations par leur (faible) fécondité, alors c’est qu’on admet la diminution, et à très long terme la disparition de cette population ! Et donc sa submersion potentielle par d’autres… L’autre problème, c’est que si l’immigration venait soudainement à baisser, notre fécondité nationale le ferait aussi, d’où la grande précarité de ce schéma de pensée.

 

 

Subissons-nous un « remplacement de population » ?

La croissance de la population française est d’environ 300 000 personnes (800 000 naissances, 500 000 décès). Il est donc exagéré de dire que la population « de souche » ne progresse pas, et que la croissance de la population serait due à l’immigration.

 

La fécondité des femmes immigrées ou filles d’immigrées tend à se rapprocher des autochtones au bout d’une ou deux générations. Déjà, dans les pays du Maghreb, la transition démographique (donc la baisse de la natalité) est largement entamée.

 

 

 

On peut parler de remplacement progressif dès lors que les populations immigrées ou d’origine immigrées récentes progressent plus vite que les autochtones, ce qui est le cas. Notamment lorsque 20% des naissances en France ont au moins un parent étranger (et le chiffre serait plus élevé si l’on prenait les immigrés de première ou deuxième génération).

 

Le haut niveau de fécondité des pays d’Afrique noire diminue plus lentement. Et on a déjà observé (par exemple avec les mexicaines aux USA) que, par un effet de confort social, les immigrées avaient plus d’enfants dans le pays d’accueil que leurs anciennes compatriotes restées au pays.

L’immigration, une menace pour notre culture ?

Il y a une très nette exagération du péril « communautariste » et de la « substitution ». L’idée selon laquelle des non-musulmans seraient contraints de renoncer au porc, à l’alcool, voire même d’acquiescer à la charia repose sur peu d’exemples réels.

 

N’oublions pas qu’un tiers des immigrés présents sur notre sol sont des européens. Et que les immigrés sont éclatés entre de nombreuses origines. Il y a donc peu de chances de les voir imposer en France une culture de remplacement.

 

Le problème n’est pas tant une « invasion » sous le nombre qu’une répartition particulière des immigrants, et leur concentration sur certaines communes et quartiers font que la « mixité » et le « mélange » deviennent des mythes. Et les français « autochtones » n’approuvent pas de se retrouver immergés dans des zones « défrancisées ».

Immigration et mondialisation : une cohérence ?

La France a connu d’importantes vagues de migrations entre les années 40 et 80, alors que la liberté de circulation des capitaux était entravée. La critique du libéralisme financier n’a pas de raison de s’associer au refus de l’immigration.

A long terme, on ne peut pas critiquer la mondialisation et les mouvements de capitaux sans remettre en cause également la liberté de circulation des personnes : les deux vont de pair dans le projet néolibéral. La liberté des migrations est censée mettre les salaires en concurrence, tout comme celle des capitaux le fait avec la profitabilité des entreprises.

Ouvrir ou fermer les frontières ?

Ouvrir les frontières n’est pas en soi une incitation à l’immigration : la volonté de migrer dans les pays de départ n’est pas forcément affectée par la dureté des lois, dont l’aggravation ne fera qu’accroître la clandestinité, et non baisser l’immigration.

La levée des entraves à l’immigration générera un « appel d’air » et posera de toute façon la question de l’accueil matériel des immigrants (logement, éducation, soins). De ce point de vue, il n’est pas indifférent qu’une partie de l’immigration soit clandestine (donc appelée à repartir) ou non.

Immigration et délinquance

Les affirmations sur la « surdélinquance immigrée » sont à prendre avec beaucoup de précautions. Il faut d’abord décorréler la propension à la délinquance en fonction de l’origine ethnique ou nationale et les conditions sociales et démographiques. A même niveaux de revenu, d’emploi, à âges et taux de masculinité égaux, les taux de délinquance sont-ils les mêmes ? Les statistiques brutes sur la proportion d’étrangers en prison ou dans les fichiers de police ne peuvent directement nous renseigner.

Même si l’absence de statistiques ethniques empêche de le vérifier, nombre de témoignages, même d’anciens ministres de l’Intérieur tels que Jean-Pierre Chevènement, confirment la plus forte propension des immigrés venus du tiers-monde à la délinquance. Il ne s’agit nullement d’imputer cela à une cause génétique, « raciale », ni même culturelle. Même si des facteurs sociaux défavorisant les immigrés expliquent cette délinquance, cela n’enlève rien au fait que l’arrivée en France de populations très pauvres amplifiera la délinquance. Le déracinement culturel peut aussi être un des facteurs criminogènes.

 

 

 

 

ANNEXES : Graphiques et tableaux sur l’immigration en France

 

flux-d-etrangers-1994.png

Source : INED 2010

 

Les immigrants entrant en France en 2007

diagrammecircu-copie-1

 Source : INED 2010

Les flux d’immigration nette (immigrants  - émigrants) depuis 1960 (par tranche de cinq ans, à diviser par cinq pour avoir une estimation annuelle), en millions de personnes

Graphique: France  -  Immigration nette (sur cinq ans) ( 1960 - 2010 )

 Lecture : On peut estimer, pour la période 2005-2009, à 150 000 (750 000 divisé par 5) le nombre d'entrées nettes de sorties en France chaque année.

 

Source : INED 2007

 

Répartition des étrangers présentes en France en 2008 par nationalité

2008

(La France comptait 63 962 000 d’habitants)

en %

effectifs

Europe

39,2

1 454 728

Europe des 27

35,0

1 300 641

Espagnols

3,5

128 780

Italiens

4,7

174 016

Portuguais

13,2

490 724

Britanniques

4,1

150 819

Autres nationalités de l'UE 27

9,6

356 302

Autres nationalités d'Europe

4,1

154 087

Afrique

41,0

1 523 506

Algériens

12,7

470 776

Marocains

11,9

443 536

Tunisiens

3,9

143 716

Autres nationalités d' Afrique

12,5

465 478

Asie

13,7

509 929

Turcs

6,0

221 935

Cambodgiens, Laotiens, Vietnamiens

1,1

41 855

Autres pays d'Asie

6,6

246 139

Nationalités d' Amérique et d'Océanie

6,1

226 342

Total

100

3 714 505

Source : Insee, recensement 2008, exploitation principale.

 

Rappels sur l’acquisition de la nationalité française :

-          Selon le droit du sol si l’on est né en France d’au moins un parent né en France ou français ;

-          Lors de l’accession à la majorité légale pour les personnes nées en France de parents étrangers (en résidant en France lors de cette accession après y avoir résidé au moins 5 ans depuis qu’ils ont eu 11 ans) ;

-          Par naturalisation pour les personnes majeures ayant résidé en France depuis au moins cinq ans.

 

Naissances en France selon la nationalité des parents

Nationalité des parents

1998

2002

2007

2008

2009

2010

Les deux parents français

655 856

658 465

660 630

666 399

658 821

667 707

Un parent français, un parent étranger

61 295

78 790

101 447

105 071

108 392

110 768

Père de nationalité de l'UE 27, mère française

9 177

8 894

8 550

8 383

8 226

8 865

Père de nationalité hors UE 27, mère française

26 677

35 730

45 770

47 495

48 743

47 872

Père français, mère de nationalité de l'UE 27

7 613

7 442

7 465

7 698

7 910

7 937

Père français, mère de nationalité hors UE 27

17 828

26 724

39 662

41 495

43 513

46 094

Les deux parents étrangers

50 755

55 490

56 628

56 934

57 428

54 324

Deux parents de nationalités de l'UE 27

6 725

5 513

6 223

6 628

6 821

6 971

Deux parents de nationalités hors UE 27

42 808

48 524

48 318

48 097

48 273

44 966

Père de nationalité de l'UE 27, mère de nationalité hors UE 27

449

577

976

1 071

1 148

1 244

Père de nationalité hors UE 27, mère de nationalité de l'UE 27

773

876

1 111

1 138

1 186

1 143

Ensemble des naissances

767 906

792 745

818 705

828 404

824 641

832 799

 

Source : INSEE, Etat civil

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